Dans ce premier article de mon guide sur Majorque, je vous propose donc de vous emmener à la découverte des magnifiques villages, routes et points de vue de la Serra de Tramuntana, d’Andratx à Pollença, en passant par Soller, Deià ou encore l’incroyable route se Sa Calobra.

Quand j’ai préparé mon premier séjour à Majorque, j’avais repéré quelques villes et points de vue à faire le long de la Serra de Tramuntana. Parcourir en voiture cette chaine de montagnes classée au patrimoine mondial de l’Unesco m’avait beaucoup tenté, et c’était l’une des raisons qui m’avait poussé à choisir Majorque comme destination.

Un road trip à couper le souffle

J’avais sous-estimé beaucoup de choses.

Tout d’abord, le temps qu’il faut pour parcourir les un peu plus de 100 km qu’il y a entre Andratx et Pollença. Entre les routes de montagne, les arrêts pour admirer les paysages, visiter les villages et parfois même se baigner, je vous préviens, il vous faudra plusieurs jours pour tout faire. Heureusement, des routes permettent d’accéder directement à certaines villes, permettant de découper par étapes le parcours si vous devez regagner un logement ailleurs sur l’île.

J’avais également sous-estimé la beauté des lieux. Quand on arrive à l’aéroport de Majorque et qu’on découvre Palma et ses les alentours, on voit des autoroutes, des centres commerciaux, mais aussi de grandes stations balnéaires avec des hôtels clubs bondés (je vous rassure il n’y a pas que ça sur l’île loin de ça). Mais en s’éloignant d’une vingtaine de minutes en voiture pour arriver au pied de la Serra de Tramuntana, le décor change complètement. On entre dans un Majorque nature, charmant, avec des villages magnifiques, et des vues splendides. Je ne m’attendais pas à prendre autant de plaisir à conduire sur ses routes de montagne.

Il m’a fallu plusieurs séjours à Majorque pour découvrir en détails cette magnifique région.

A l’assaut de la Serra de Tramuntana : De Andratx à Deià

Notre balade en voiture débute à Andratx, une ville qui n’a pas d’intérêt particulier à être visitée. De là, on s’engage sur la MA-10. Petit à petit, la route épouse la montagne et les premiers lacets arrivent. Au loin, la mer apparait enfin. Un magnifique point de vue qui annonce de belles choses pour la suite.

Serra de Tramuntana
A la sortie d’Andratx

Mirador de Ricardo Roca

On continue notre route jusqu’à tomber sur un parking près d’un restaurant. On s’arrête, non pas car on a déjà faim, mais parce qu’il est situé au niveau du Mirador de Ricardo Roca, un point de vue qui offre une vue sur la chaine de montagnes et la mer en contrebas.

Mirador de Ricardo Roca
Le Mirador de Ricardo Roca offre le premier point de vue du trajet

Torre del Verger

On reprend la voiture pour parcourir une dizaine de kilomètres jusqu’à arriver au Torre del Verger, vestiges d’une ancienne tour de guet. Là aussi le lieu offre un magnifique point de vue, et on peut monter dans la tour par une petite échelle à l’intérieur.

Torre del Verger

On reprend ensuite la route, pour traverser le village de Banyalbufar, avec ces « maisons sur escaliers ». On s’arrête prendre quelques photos puis la MA-10 nous mène jusqu’à Deia. Enfin pas directement… Nous avons fait un détour par Valldemossa, un magnifique village qui vaut le coup d’oeil également.

Banyalbufar
Les maisons sur escaliers de Banyalbufar

Deià

Quand on est arrivés à Deià, on est de suite tombés sous le charme de toutes les maisons à l’architecture traditionnelle qui surplombent la ville. Sans hésiter nous avons garé la voiture pour partir à la découverte à pied du village.

On décide de prendre un peu de hauteur. En effet, niché au cœur de la Serra de Tramuntana et construit à flanc de colline, le village offre une vue imprenable sur les montagnes. C’est ce qu’on adore dans les villages de Majorque. Flâner sans réel but pour découvrir la beauté des lieux.

A la découverte de Deià

Cependant, le soleil commence à taper et gravir toutes ces marches nous a donné chaud. Heureusement, à la sortie du village, une route sur la gauche permet de descendre jusqu’à Cala Deià, une petite crique parfaite pour se rafraichir dans un cadre magnifique avant de reprendre la route. Même si c’est une plage de galets et qu’on n’aime pas trop ça, cela reste rafraîchissant.

Cala Deià
Petite baignade à Cala Deià

Après cette pause rafraichissante, la route nous mène jusqu’à l’une des villes les plus connue de l’île : Soller.

Soller, son port, et les plus beaux villages de l’île

Soller est une ville très touristique. Elle n’est qu’à 30 kilomètres de Palma, ce qui la rend très attractive. A peine garés, nous nous rendons sur la place principale de la ville, la Plaça Constitució, très animée. Le tramway qui relie Palma au Port de Soller traverse cette place, sur laquelle trône l’église de Sant Bartomeu.

Soller - Eglise de Sant Bartomeu
Eglise de Sant Bartomeu à Soller

Sur la place, surtout des restaurant qui ont l’air très touristiques et ne nous font pas plus envie que ça. Nous préférons nous aventurer dans la rue commerçante, Carrer de sa Lluna, puis prendre une petite glace.

Port de Soller

A quelques kilomètres de là se trouve le port de Soller, une station balnéaire avec une plage très bien pour un petit plouf, mais qui ne nous a pas plus marquée que cela… Il y a de plus belles plages à découvrir sur l’île.

Si j’ai un coup de coeur pour le Port de Soller, c’est pour son coucher de soleil. A la tombée de la nuit, j’aime prendre la voiture et monter en direction du phare de Cabo Gros.

Phare de Cabo Gros
Coucher de soleil au phare de Cabo Gros, un moment magique

La route est sans issue. Arrivé en haut, il faut se garer au plus près du phare. De là, avec les couleurs du soleil couchant, la vue sur le Port de Soller est magique.

Phare de Cabo Gros
Vue sur le port de Soller

Il n’y a plus qu’à attendre que le soleil se couche sur la Méditerranée.

Biniaraix

Non loin de Soller se trouvent nos villages préférés de l’île.

Le premier, Biniaraix, est un tout petit village tout en pierres (escaliers, ruelles, maisons…). On peut à peine se croiser en voiture dans les ruelles très étroites. Et de toute façon il vaut mieux laisser la voiture garée à l’entrée du village pour apprécier à pied le lieu.

Il y a une toute petite place, la Plaza Concepcio, sur laquelle il y a le seul bar restaurant du village, le Bar Bodega Biniaraix. On aime s’y arrêter pour prendre un petit verre avant de repartir (on n’y a jamais mangé).

Fornalutx

Fornalutx est un peu plus grande que sa voisine, mais ne manque pas de charme pour autant. Et pour cause, il s’agit du plus beau village d’Espagne ! Autant vous prévenir, vous trouverez donc un peu plus de touristes qu’à Biniaraix. Mais comme d’habitude, il suffit de s’engager un peu dans les petites rues pour se retrouver au calme sans perdre un poil d’authenticité.

Fornalutx
Dans les ruelles de Fornalutx

Au coeur de la ville se trouve une toute petite place, la Plaça Espanya, avec quelques bars et boutiques. On aime s’assoir ici quelques minutes pour faire une pause, gouter ou pique-niquer, et voir passer les touristes, randonneurs, ou cyclistes en étape dans la ville. De cette place partent des escaliers que l’on gravit sans hésiter.

Comme pour Biniaraix, on est tombés amoureux de cette ville au charme intact avec les ruelles fleuries et maisons en pierre. Les habitants prennent plaisir à décorer leurs fenêtres et devanture de pots de fleurs.

Fornalutx
Les maisons fleuries de Fornalutx

Ce qu’on adore à Fornalutx, c’est grimper sur les hauteurs de la ville, pour se retrouver sous l’ombre des figuiers. L’odeur y est incroyable. Julien est fan de cette odeur et nous recrée cette ambiance à la maison une fois rentrés.

Fornalutx
Sur les hauteurs de Fornalutx, l’odeur des figuiers. Notre endroit préféré.

Après cette pause dans la magie de ces deux petits villages près de Soller, on reprend la route de la Serra de Tramuntana (on avait presque oublié qu’il reste du chemin à faire !).

Les lacs de Majorque

Mirador de ses barques

Une fois que l’on a rejoint la MA-10 dont on avait un peu dévié (pour la bonne cause), on fait rapidement un arrêt au Mirador de ses barques, un point de vue situé dans un virage en épingle à cheveux sur le côté gauche. De là, on une vue sur les montagnes, le port de Soller, le phare depuis lequel on avait admiré le coucher de soleil, et bien sur la mer.

Mirador de ses barques
Vue depuis le Mirador de ses barques

Embassement de Cuber

La route continue jusqu’à passer sous un tunnel. Peu après, on arrive sur les hauteurs de l’Embassement de Cuber, un lac de barrage artificiel.

C’est ça que j’aime avec cette route. Il y a quelques minutes on admirait la mer depuis un point de vue, et quelques virages plus tard, la mer a disparu, et on se retrouve encerclé de montagnes au milieu duquel on trouve un lac donc on ne soupçonnait pas l’existence.

La route descend jusqu’à atteindre un petit parking. On décide de se garer pour s’approcher à pied près du lac.

Embassement de Cuber
Embassement de Cuber

Derrière nous (vers le nord-ouest donc) se trouve le Puig Major, sommet le plus haut de Majorque, avec 1445 mètres d’altitude. Il est malheureusement impossible d’y monter car il s’agit d’une zone militaire. A son sommet se trouve d’ailleurs un radar de l’armée de l’air. On se contentera donc de le regarder d’en bas.

Puig Major

Après s’être fait de nouveaux amis, on reprend la route.

Gorg Blau

Un peu plus loin se situe de lac Gorg Blau, qui longe la route. Il s’agit également d’un lac artificiel, une réserve d’eau douce qui approvisionne en eau la ville de Palma et ses environs.

Gorg Blau
Gorg Blau

Sa Calobra : la route la plus belle (et la plus difficile) de l’île

Attention, les choses sérieuses commencent.
Non pas que tout ce qu’on a vu avant n’était pas sérieux, bien au contraire. Mais là, on va s’attaquer à THE route. Je pense que de tous mes voyages, c’est la route la plus compliquée sur laquelle j’ai dû conduire.
Si vous souhaitez descendre à Sa Calobra, il faudra prévoir un peu de temps : entre 30 et 45 minutes pour parcourir les 14 km qui permettent d’y accéder, le temps d’en profiter, puis de faire le retour.
Deuxième point d’attention, le monde. En fonction du moment choisi pour y aller, la route peut se transformer en enfer. Prévoir d’y aller plutôt tôt le matin, ou en fin de journée, et éviter absolument le créneau 13h – 15h. Personnellement, nous y sommes allés lors de notre séjour en Mai en milieu d’après-midi, et donc c’était plutôt calme.

Bon on y va ?

Aller, après ce petit disclaimer by Taco, on descend…

Après avoir quitté Gorg Blau, on passe à nouveau sous un tunnel, puis quelques centaines de mètres plus loin, sur la gauche, part la route pour Sa Calabro. On s’y engage, c’est parti !

La route commence par descendre un peu pour remonter jusqu’au Coll dels Reis. A partir de là, c’est la descente, spectaculaire. Les panoramas sont magnifiques. Au total, la route de 14 km (pour un dénivelé de 900 mètres), compte 12 virages à 180° et 1 virage à 270°, le « noeud de cravate ». Un véritable serpent.

Le « noeud de cravate ». Désolé la photo n’est pas de moi…

Quand on arrive enfin au bout de la route, on se gare sur un parking payant. Oui, c’est vrai qu’on n’en a pas encore parlé, mais à Majorque, dès qu’on veut se garer dans une ville, un village, ou pour aller à la plage, il faut souvent payer.

On marche un peu jusqu’à tomber sur des restaurants ultra touristiques… Ce n’est pas vraiment ce qu’on est venu chercher, et on continu à marcher quelques minutes pour tomber sur des paysages plus sauvages.

Sa Calobra

Torrent de Pareis

On passe sous un tunnel piéton qui nous mène à la plage du Torrent de Pareis. Une plage de sable et gravier, dont l’accès à l’eau est surplombé par deux énormes rochers.

Plage du Torrent de Pareis
Plage du Torrent de Pareis

Après s’être un peu posé sur la plage, on décide de partir remonter les gorges du torrent. Cette balade n’est possible qu’au printemps ou en été, quand le torrent est au sec. Après de fortes pluies, c’est une autre histoire, car la rivière dévale dans les gorges pour se jeter dans la mer.

Torrent de Pareis
Torrent de Pareis

Après près de 30 minutes de marche, on se retrouve bloqués par un gros rocher. Notre randonnée doit s’arrêter et on fait demi-tour pour retourner à la serviette.

Après en avoir pris plein la vue, il est temps de rejoindre la voiture pour reprendre la route.

Lluc

La MA-10 passe ensuite près du Monastère de Lluc, aussi connu comme le Sanctuaire de Santa María de Lluc. Il est possible de le visiter : on y trouve une chapelle, ainsi qu’un musée expliquant l’histoire du temple, à travers des objets préhistoriques et archéologiques, des images religieuses et des bijoux. Il y a également un petit jardin botanique et même une piscine accessible avec le billet d’entrée.

Pollenca

La MA-10 se termine à Pollença, un charmant village du nord de l’île.

A peine arrivés, nous nous engageons dans « Le Calvaire », un escalier de 365 marches que les pénitenciers montaient à genoux. La montée est sportive, mais on est récompensée par la vue qui nous ai offerte : un magnifique panorama entre terre et mer.

Pollenca - Le Calvaire
C’est parti ! 365 marches…

En haut, on trouve une petite chapelle pleine de charme, et un joueur de guitare local (apparemment il y ai tout le temps !). On reprend un peu notre souffle avant de redescendre.

Pollenca
Petit à petit, le point de vue se dévoile
Pollenca
Le sommet des marches et son guitariste

Coup de chance, nous visitons Pollença un dimanche, jour de marché traditionnel. Il s’étend dans les ruelles de la ville et sur la grande place « Plaza Mayor ». On en profite pour acheter de quoi grignoter et se faire un pique-nique.

Non loin de la ville se trouve le Port de Pollença, une station balnéaire qui donne sur la baie de Pollença. Même si on peut trouver le lieu trop touristique, j’ai de bons souvenir sur ce port, comme une après-midi avec des potes à faire les gamins sur un pédalo, ou une soirée avec Julien dans un bar à regarder un match de la coupe de monde de foot 2018.

Au bout de la Serra de Tramuntana : Le Cap de Formentor

La Serra de Tramuntana est vraiment un endroit magique, avec des villages charmants, de belles plages, et des routes offrant des panoramas à couper le souffle. Je le répète, il est impossible de tout voir en une journée. Il nous a fallu plusieurs jours et même plusieurs séjours pour en profiter un maximum.

Mais la Serra de Tramuntana ne s’arrête pas à Pollença… elle continue plus au nord encore, en un lieu magnifique dans lequel j’adore aller quand je pars en vacances à Majorque : Le Cap de Formentor. Il offre des points de vue exceptionnels.


Tout mon guide sur Majorque

Majorque – Mon guide de l’île
A la découverte de la Serra de Tramuntana
Le Cap de Formentor – Des vues à couper le souffle au nord de Majorque
Alcúdia, la plus ancienne – et l’une des plus belle – ville de Majorque
Mes plages et criques préférées à Majorque